Un drame sous silence

La crise économique dans un pays est un drame. Les mots ne suffisent pas à dire le désarroi qui s’empare des responsables, montrer les effets dans les secteurs nécessaires à la construction de la nation. Les conséquences sont directes et indirectes sur la vie et le quotidien de milliers d’individus et l’expression consacrée : « tirer le diable par la queue » prends tout son sens.

Faute de moyens, nombreux abandonneront le chemin de l’école, au mieux ils reprendront le chemin quand la situation sera meilleure, au pire se sera un arrêt définitif pour mille et une raison tant personnelle, qu’externe. Comment construire l’avenir quand, le quotidien est comme ce brouillard qui prends ses aises cette nuit dans la ville de Rabat, à 20 mètres, je ne distingue aucun des bâtiments qui occupe l’espace. Comment trouver le sommeil avec des enfants à charge qui ne demande qu’à s’abreuver à la source du savoir ?

Au détour d’une conversation, je prends un peu plus conscience du désarroi que traverse de nombreux responsables. Comme les pièces d’un puzzle, des événements qui appartiennent à un avenir proche, viennent compléter ce que je connaissais et vivait déjà, depuis un moment sans mesurer le drame qui se joue derrière. Le monde ploie sous le diktat de l’argent et cet argent a emporté avec lui les valeurs qui sauvent des maladies psychiques. Il pervertit même les sages et les intelligents, il ne faut pas en faire son maître, la ruine de l’âme sera la récompense au bout du chemin.

Combien sont-ils, à quoi pensent-ils, comment le vivent-ils ? Comment survivent-ils ? Autant de question pour lesquelles je n’ai pas de réponses ce soir. Un fardeau que je ne peux assurément pas porter, mes épaules frêles se verraient détruites, je les adresse à Dieu en qui j’ai confiance et je sais qu’Il peut tout. Prier mais aussi organiser la solidarité au sein de la communauté, quand nous avons plus que le nécessaire, donner sans attendre, donner sans retour.

Prier pour le Congo et les autres pays qui traversent des crises difficiles, prier pour ses parents qui se soucient des enfants et voient l’avenir en pointillé, prier pour ses jeunes qui sont victimes d’une situation qui leur tombe dans les bras et qui peut faire des ravages tant le monde offre des facilités donc on dit chez moi « vivre heureux et mourir jeune » j’ajoute mourir jeune pour l’éternité.

 

Arrête-moi si tu peux !

De quelle génération s’agit-il ? Les anciens (<1945), les Babyboomers (1945-1960), la génération X (1961-1980), la génération Y (1981-1995) ou la  génération Z (>1995) ; l’auteur du thème de ce mois « Génération pressée-pressée » n’a pas donné plus d’informations que ça.

En toute logique, je ne peux pas parler de celle qui m’a précédée, les bribes d’informations que j’ai me disqualifient et je profite pour accuser le système. L’histoire ne ravive pas seulement les douleurs du passé mais, elle sert aussi à bomber le torse devant les ignorants d’une réalité dont, ils ignorent tout. Celle qui me succède, je pourrais mais la connais-je vraiment ? Pris dans le tourbillon de ma propre turpitude, puis-je de manière objective avancer des vérités qui seraient éphémères ?

Tentons une approche par un livre qui traverse les générations et, surement touchera et marquera la génération qui viendra après la Z, le livre des Proverbes mais enfin quelques versets. Les quatre premiers versets du Proverbes 1 nous parlent de ses cibles : le naïf et le jeune homme. Naïf on peut l’être toute la vie mais jeune, en fonction de qui la définit, correspond à une période d’âge déterminée. C’est une période pendant laquelle il se passe beaucoup de changements et on entre dans une nouvelle découverte de soi et du monde. On se forge un autre caractère qui est souvent, à l’antipode de ce que l’on a pu être quand on était un enfant. De jeune, on devient adulte.

Les versets 5-6 du Proverbes 1 nous disent :  » Que le sage écoute, et il augmentera son savoir et celui qui est intelligent acquerra l’art de diriger ; pour comprendre maximes et sentences, les paroles des sages et leurs énigmes. »

  • Combien de fois allons-nous droit dans le mur, combien sont désastreuses nos décisions et engagements parce que, nous ne savons plus écouter ? Nous sommes sages mais sans l’attribut qui va avec, sages à nos yeux et souverains dans nos choix et envie de jouir de nos désirs. Le savoir nous pensons le posséder, face aux équations de la vie, nous constatons notre fragilité à vouloir aller plus vite que le son.
  • Nous menons nos barques droit dans des récifs qui les mettront en péril, ne prêtant point attention aux avertissements et autres paroles qui nous fâchent parce qu’elles n’épousent pas notre façon de penser. Intelligent et beau à nos yeux, fou et insouciant pour les autres. Nous sommes semblables à celui à qui on montre la lune et il regarde le doigt.

« Si Jeunesse savait, si vieillesse pouvait » ce proverbe qui traverse les temps sans prendre une ride montre avec acuité la situation que nous vivons. Un cycle infernal que rien ne semble vouloir arrêter, le monde fonctionnant suivant un modèle, qui n’obéit pas aux désidératas des hommes. Pouvons-nous échapper à cette folie qui nous prend quand nous sommes jeunes ?

Je doute que seul livré à ses désirs et vérités, un jeune homme puisse gagner ce pari. L’éducation, le bâton, l’enseignement des valeurs, le civisme et d’autres sont des outils pour canaliser cette énergie qui vient pour tout bousculer et façonner l’homme de demain. Le jeune homme deviendra un homme, à nous de l’accompagner, de manière intelligente sur le chemin pavé d’obstacles.

 

Le thème a été proposé par le Blog Contest Saison 5 épisode 3 donc les titulaires sont :

Elijah d’Arcy

Alain Guy
Fafa Ianjatiana
Fedna Perla David
Laetitia Tonye Loe
Jay Dee Ibock

et les challengers

Leyopar 

 

Un tour et puis s’en va !

S’il existe bien et bel une action qui produit, un nombre incalculable de conséquences, c’est celle de la grande faucheuse.

Elle nous interpelle sur notre vie actuelle, rend comptable le passé et ri l’avenir. Elle a le chic de nous mettre face à un miroir, déformant quand le poids des reproches pèsent dans notre cœur et objectif, lorsque nous travaillons chaque jour à cette paix difficile à conserver mais, ô combien précieuse.

Des larmes de tristesse pour certains, de joie, la mélancolie, l’hystérie et j’en passe. Elle a le don de nous arracher des larmes.

L’enceinte de confinement tente d’étouffer ce cri, cette émotion qui vient du plus profond de nous. A quoi bon entrer dans un moule qui plaît à l’opinion ?

L’incertitude du lendemain, la solitude du compagnon, l’adieu à un frère, au revoir à jamais pour un proche. Des moments qu’on ne souhaiterait pas vivre, des instants qui nous mettent à nu devant notre impuissance, devant ce moment qui ne cesse d’inscrire des noms dans son registre.

Les différences culturelles peuvent être un choc, quand on est confrontés aux us et coutumes. Certains s’en réjouissent, d’autres la vénèrent, j’en ai vu pour qui le rituel est étrange, ils te disent que c’est leur façon de communier, un usage qui nous est étranger et nous devons le respecter même si nous ne l’acceptons pas.

La mélancolie des moments heureux, les pensées qui se perdent dans ce qu’on aurait pu faire, dire ou ne pas dire, les pardons qu’on auraient souhaités demander se noient dans le flot de nos pensées et tel une douche froide, un matin d’hiver, la réalité cogne à la porte.

En petit lambeaux, nous pouvons être quand, accroché au passé, refusant de tourner une page et suivre la course folle du soleil qui nous invite à briller. Nous voulons nous terrer comme la lune, oubliant souvent que si elle n’est pas sous notre ciel, elle est sous celui d’un autre donc présente et, laissant les hommes baigner dans sa lumière.

La perte des uns vient pour nous rappeler que notre avenir ne tient qu’à un fil. Quel leg ferons-nous ? A qui irions-nous ? Quel regard sera posé sur ce corps inerte de qui on ne peut plus rien attendre ? Une interrogation critique sur notre présent, un constat réaliste et objectif qui doit éviter les voies du pugilat et celle des œillères. Des questions semblent se bousculer, aucune n’émerge car une certitude demeure aujourd’hui, maintenant, c’est l’instant présent à vivre, du mieux que nous pouvons. Le passé s’en est allé et l’avenir viendra s’il nous est offert.

 

 

Derrière chaque supplice, la vie tintinnabule !

Et puis vient le temps de mourir :

  • mourir de ses illusions, le masque se brise, le miroir nous renvoi une image que nous pensions être vrai, mais elle demeure bien loin du regard de l’autre, des actes qui nous condamnent.
  • mourir car le temps sans discontinuer continu sa course folle, nous rendant chaque instant vulnérable aux affres de l’âge.
  • mourir de sa belle mort quand elle nous fait la grâce de nous emporter sans souffrances, ni regrets.
  • mourir dans le regard de ceux qu’on aiment. Trop d’abus, trop de manquements qui ont mit à mal le verre du pardon, remplaçant doucement mais surement l’amour par la haine.
  • mourir pour revivre, la légende de phœnix n’est-elle pas pour nous ? Éprouvé par le feu des épreuves, détruit par l’ignorance nous revenons à la vie chaque fois que nous faisons un pas.
  • mourir et sombrer dans l’oubli. Cruelle destinée pour des hommes qui sont prêt à tuer père et mère pour exister dans le cœur de leur semblable.
  • mourir d’amour. Une doux vécu quand le désir rencontre l’âme sœur et s’exprime dans une relation partagée.
  • mourir de maladie. Physique ou psychique, elle est insidieuse, nous ronge de l’intérieur, prends le pas sur notre métabolisme, détruit nos rêves, explose tout ce qu’elle peut avec la voracité d’un banc de piranha à l’assaut d’une proie prise dans son filet.
  • mourir de dépit, trop longtemps resté en otage des rêves, devenu (e) prisonnier de celui des autres.
  • mourir d’envie. La passion dévorante de deux corps en fusion crée une rupture de l’espace temps entraînant les amants dans une histoire qui ne peut se raconter.
  • mourir pour ses amis (es). Un rêve, une aspiration, un idéal.

Que nous reste t-il à ce moment où tout bascule ? Un pas à faire, une histoire à écrire, des personnes à aimer, le repos de ce monde beau et exigeant. Derrière chacune de nos morts, il y a une vie qui nous tends les bras, vivons la avec humilité et reconnaissance de la grâce qui nous est faite.

Père, Papa la même chose différente !

Jusqu’à cette phrase : « Tu penses que tes neveux et nièces voient qui comme leur Papa ? », une phrase que je reçu comme une piqûre d’éveil ; je n’avais pas pleinement pris conscience qu’être père, ce n’est pas seulement celui qui plante la graine.

Que de pressions et d’émotions m’ont traversés les minutes et les jours qui ont suivis. Je me suis mis à collecter toutes les données dans ma tête qui parlait de la responsabilité de Papa. J’ai aussi pris conscience, que l’on peut être papa des personnes qui s’attendent à vous et là, l’âge n’a pas de limites. Toutes les idées allaient dans le même sens : être papa c’est être présent. Je n’ai pas choisi de l’être si tôt mais, intérieurement je pense que j’avais déjà accepté de jouer pleinement ce rôle, il faut dire que j’aime les enfants et ils me le rendent bien en m’arrachant des bouffées d’émotions. Les plus petits me rappellent que voir la vie avec des yeux d’enfants est une bénédiction pour son âme et les plus grands m’aident à me réinventer chaque fois que nécessaire.

Xstian dans son article Etre père m’a rappelé combien ses moments sont privilégiés et s’inscrivent en lettre d’or dans le disque dur de votre âme. Mon père a huit enfants (ce que je connais), il n’a pas toujours été là avec son agenda chargé et une mission d’aider son prochain (c’est maintenant que je fais le lien avec certains de mes caractères) mais je garde de lui des moments forts qui font de moi ce que je suis.

  1. Il a toujours été présent, aussi longtemps que je me souvienne, j’ai pu me réaliser parce qu’il a été un support de tous les instants.
  2. J’ai appris l’humilité et le détachement des choses matériels. J’étais un adolescent quand il s’est fait agressé et quand il en parlait, il y avait une phrase qui revenait sans cesse : « la vie est plus importante, que les biens que nous possédons ».
  3. Son parcours m’a inspiré. Mes parents, oncles et tantes étaient réunis au salon et papotaient. Je ne sais plus qui nous a challengé en attirant notre attention sur ce qu’ils ont réalisés dans les études. Le parcours le plus court était bac + 4, beaucoup de bac +7. De quoi vous mettre une pression, je comprends aussi cette envie de vouloir acquérir de nouvelles compétences, aller à la rencontre de la connaissance.
  4. « On ne lève pas la main sur une femme, quelque soit son humeur » il avait participé à l’ascension de Mont Cameroun, je voyais le mont et j’imaginais la douleur qu’il pouvait ressentir dans les membres de son corps. Cette phrase là est sorti au détour d’une conversation et s’est inscrite dans mon âme.
  5. Le sacrifice d’un père pour son enfant, il me l’a fait comprendre au sortir d’une traversée de tunnel pour moi, les détails c’est entre nous deux.

Je ne suis pas encore un papa biologique, d’ailleurs je dois y songer mais, je le suis pour une flopée qui occupe mes pensées, projets et mes prières. Ils agrandissent mes rêves, élargissant par ce fait mes épaules avec des effets parfois très surprenants. Rêver les yeux ouverts dans une librairie au rayon d’enfants ou s’entraîner en regardant Tiji pendant 10 minutes.

Déconstruire le silence des mots

Paul était un gentleman. Il avait tout ce dont avait rêvé Kouna, il savait parler à son oreille et briser les dernières barrières qui pouvait subsister. Certes elle avait 33 ans mais, il n’était pas question de se donner à ce Paul, aussi élégant et craquant qu’il pouvait être.

Il passait ses journées à la caresser d’attentions, ne laissant aucun répit, aucun moment de résurgence des pensées qui auraient pu l’amener à mettre la raison devant la passion qui grandissait en elle comme un feu dévorant. Il avait aménagé son programme de manière à occuper ses pensées tout au long de la journée, entre des brèves sur son blog et des poèmes via WhatsApp elle avait de quoi occuper l’esprit avec les mots délicieux et délicats que Paul adressait à son ego.

Comment pouvait-elle résister ? Elle qui s’était faite traiter de ratée car de sa génération, elle n’avait pas encore rejoint le cercle des ses amis et sœurs mariés. Avait-elle envie de construire une relation basée sur la compréhension de l’un et l’autre ? La suite de l’histoire nous dira non car la cérémonie fut belle et émouvante, pleine de charme et glamour car il faut dire qu’il avait mit les petits plats dans les grands.

Aujourd’hui perdu dans les pensées de l’hypothèque qui la pendait au nez, elle s’emmura dans le silence des mots.

Paraître quand tu nous tiens !

     Paraître et/ou faire paraître sont des sports du quotidien. La société s’y prête sans retenue et s’offusque avec pudeur des scandales qui fleurissent. Hypocrisie quand tu nous tiens, hypocrisie quand tu nous lies, parle moi de tout, dévoile ta nudité.

     Que nous dit Jean Laroche de l’hypocrisie ? L’hypocrisie représente le degré le plus profond du péché : par essence, elle consiste à cacher l’être intérieur et à tromper le prochain sur son compte, et pour la combattre il faut d’abord l’étaler au grand jour ; elle prend position dans le mensonge, délibérément et progressivement, aussi logique en ses efforts contre la vérité que la foi est conséquente dans sa recherche de la vérité, et c’est pourquoi les condamnations prononcées par Jésus sur les chefs, d’après les Évangiles, synoptiques, et complétées dans le quatrième Évangile par le discours sur le « mensonge », adressé aux mêmes chefs, prennent un ton si direct et impitoyable ; l’hypocrisie endort la conscience en substituant aux exigences de Dieu des pratiques mécaniques destinées à la vue des hommes, ce qui étouffe tout élan intime vers le bien ; elle agit comme un ferment interne de dégradation, comme une puissance continuellement à l’œuvre contre le Royaume de Dieu ; dans l’individu, elle a pour résultat final cette insensibilité définitive à l’impératif du devoir comme à l’appel de l’amour divin, que certains passages appellent le « péché contre le Saint-Esprit ».

     Etymologiquement, l’hypocrisie renvoie à plusieurs définitions qui ne souffrent d’aucune ambiguïté ou doute.  Sa nature nous révèle qu’elle est : 1. caractère d’une personne qui dissimule sa véritable personnalité 2. caractère de ce qui manque de sincérité et 3. acte, manifestation hypocrite. Ses homonymes sont tout autant nombreux et ne manqueront pas d’enrichir notre vocabulaire : tartuferie, duplicité, imposture, pharisaïsme, tromperie papelardise, mensonge, cautèle, fausseté, fourberie bigoterie, dissimulation, larme de crocodile, ruse.

     Quid de la sociale. Qui est-elle ? La définition étymologique du mot sociale qui vient du mot “praxis” en grec ancien signifie l’action. C’est une activité codifiée qui suit une logique en obéissant à des règles définies au risque de mener à des boucles infinies. Une manière générique de penser la transformation de l’environnement.

     Les mots qui suffisent à définir l’hypocrisie sociale sont suffisamment clairs comme du cristal. Réfléchissons comme un simplet : ils ont détourné l’action pour des fins inavouées et inavouables. En prenant la posture d’un adulte : il faut se protéger et user de ruses pour capter les faveurs des autres. Nous arrivons à l’exemple type où une action noble est détournée par une action volontaire de méchanceté. L’hypocrisie sociale est aussi vieille que les religions (Petit traité d’histoire des religions, Frédéric Lenoir), et sachant qu’elles sont aussi vieilles que le monde, nous pouvons mesurer à quel point les racines sont profondes, constater les dégâts dans les familles, les communautés. Aucun cercle n’est épargné, d’ailleurs avec le niveau d’ingéniosité dont certains font montre comment ces cercles échapperaient-ils à ses prédateurs ? Le drame de notre vie est qu’elle installe la peur de l’autre, l’ignorance, l’intolérance, la haine, et les préjugés dans nos sociétés. Peut-on y faire face et/ou comment y faire face ? S’examiner et balayer devant sa porte. Midi ne s’y trouve peut être pas.

     Cet article s’inscrit dans le cadre du #TBCS05E01 et je vous invite à retrouver l’ensemble des articles sur le Blog Contest Forum.

La guerre des génoises et des cerises

Si les classes sociales n’existent pas, à quoi bon une guerre entre des génoises et des cerises. Pour un profane comme moi, se battre est inhérent à l’Homme. C’est écrit dans son ADN et il ne pourra rien y changer. 

La guerre est le seul mot qui garde son sens littéral dans ce titre. Aussi loin que remonte mes souvenirs et tout ce que j’ai pu observer, elle a tout son temps et est très généreuse car, tout ce qui gravite autour d’elle est conviée à une danse macabre.

L’essence de la vie est précédée de la mort, il nous faut mourir pour gagner des galons.

  • Venir au monde est un exploit. Le spermatozoïde qui féconde l’oeuf est un guerrier victorieux. Il est considéré comme un intrus dans l’utérus, il est combattu vigoureusement et assailli violemment avec toutes les armes disponibles. Rencontrer l’oeuf et ne faire qu’un avec lui, n’est pas l’atteinte du saint graal il faut vivre, se développer et venir au monde. La vie commence par un combat et il s’arrête à fin du roman.
  • Dans la religion chrétienne, le livre de la genèse nous plonge dans une guerre subtile qui a façonné le monde tel que nous le voyons. les modèles de destruction que sont les bombes atomiques ou encore les tsunamis sont de la rigolade face à l’épée de Damoclès que fait planer cette guerre. Elle a décidée de la vie que nous allons devoir mener dans ce monde, de l’avenir des générations sans nous convier autour de la table, de la dureté ou non du coeur des Hommes, de la rage de tout posséder et détruire.
  • Les riches se battent pour être plus riches, les puissants pour avoir plus de pouvoir, les pauvres pour survivre tout cela dans un fracas inaudible qui détruit un peu plus, à chaque minute, de manière inexorable, le monde dans lequel nous vivons.
  • Les animaux ne sont pas en reste, la chaîne alimentaire est réglé comme une horloge, chacun sait qui il mange, quand il faut le manger et avec qui. La nature s’y mêle parfois pour désorganiser tout ça mais le plus grand prédateur et aussi le plus méchant se débrouille comme un chef pour distiller le poison mortel autour d’eux.

La guerre des classes sociales ou des génoises et des cerises est de mon point de vue présente dans tout ce qui vit. Nous sommes en guerre avec nous pour grandir et avec les autres pour exister voire survivre.

Moi, bénévole et engagé !

Comment se traduit concrètement ton engagement pour les jeunes en Afrique ? Posée avant le petit-déjeuner, cette question a eu le chic de vider de mes tripes le dîner de la veille. La question s’inscrivait dans un cadre plus vaste « Bénévolat et Engagement volontaire de la jeunesse en l’Afrique de l’Ouest et Centrale ».  Je pris le temps de prendre le petit-déjeuner, je me suis demandé si je suis concerné ?  Au lieu de manger sereinement, j’ai réfléchi et, je me suis dis pourquoi pas en 100 mots, répondre à la question posée ?

S’engager pour les jeunes, c’est comme entrer en politique. Tu ne t’appartiens plus, tu appartiens à mille et une causes. Heureusement dans la vie, nous sommes limités et nous ne pouvons pas tout faire. Cela demande donc de faire une introspection. Je dois me poser des questions pour m’auto-évaluer et délimiter mon champ d’action. Quelles sont mes qualités, dons et compétences ; quelles sont mes limites ; sur quoi puis-je être utile sans passer pour un affairé ? C’est un exercice fastidieux mais important. Ne nous trompons pas, on ne peut être crédible que là où nous sommes doués et où, avons un vécu et une expérience. Le reste n’est que de la théorie, aussi belle soit-elle.

Après cet exercice délicat, on s’engage. La question est : mais comment ? Bah, je dirais en faisant un pas. Ce pas et ceux qui le suivront, seront toujours riches d’enseignements. Ils seront toujours pleins d’acquis et d’erreurs et, ils serviront à affirmer ma démarche et construire mon action. On s’engage pour des causes auxquelles on croit, mieux encore, on s’engage parce qu’on a eu une chance (compétences, épreuves, douleurs, promotions, soutiens, compassions, etc.)  et on souhaiterait la partager avec les autres.

Pourquoi je m’engage ?

  1. J’aime les enfants, je vois tellement de vie en eux que je suis chaque fois rempli d’émotions, j’aime leur intelligence spontanée et pleine d’enseignements. Conscient de ça, il serait aberrant que je ne m’engage pas, dans des causes qui me paraissent juste.
  2. J’ai traversé des moments difficiles, appris dans la douleur, affronter des émotions qui m’ont mises à genoux. Je ne le souhaite à personne, je parle de mon histoire.
  3. J’aime écrire, j’ai dans le cœur cette naïveté qui exaspèrent mes proches et je vois le monde en rose. Comment ne pas dire avec des mots, la beauté des choses simples, que nous ne voyons plus car absorbés par la vie ?

S’engager produit beaucoup d’effets : il détruit les murs pour construire de ponts, fait couler les larmes de compassion devant la réalité qui se cache derrière les masques,  l’engagement brise bien des choses en vous mais aussi, chez les autres. Il fait reculer les frontières de votre éducation et vous transporte dans des sentiers imprévus. L’engagement appelle l’engagement mais attention, attention à ne pas courir derrière les activités. Vous ne pouvez donner que ce que vous possédez.

J’avais juste droit à 100 mots, je m’en vais  justifier mon salaire.

La Bible dit : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie. » Proverbes 4.23. Cette pureté te sera utile, dans le discernement et les actions que tu souhaites mener. Il faut s’engager mais, il faut le faire pour être utile et non, une pierre d’achoppement.

** 100 mots imposés par celui qui m’a posé la question.